2016 : L’année du bonheur

Par Walid Kanzari

L’humain est en quête continue de bonheur. Selon de nombreux chercheurs et philosophes, c’est, semble-t-il, le but le plus sacré de l’existence humaine. Mais, que faisons-nous pour rendre cette quête possible?

 

En réalité, nous passons plus du tiers de notre vie au travail enrôlés dans un système fondé plus sur la notion de l’avoir et de la consommation que sur l’épanouissement personnel et spirituel. Comme si la voie vers le bonheur ne pouvait passer que par la course au matériel!

 

Dans ce contexte, le travail devient essentiel dans cette recherche du bonheur, bien qu’il en soit souvent l’obstacle.

 

Étouffés par le manque de leadership, de compétence et de confiance chez les managers, coincés dans des structures et organisations en manque de culture, de créativité, de vision et de partage d’information, plusieurs employés se sentent de plus en plus malheureux, démotivés et principalement désengagés dans leur emploi.

 

Une étude effectuée par Gallup en 2012, auprès de 180 millions d’employés sondés dans 142 pays, fait état d’un résultat à l’échelle mondiale de seulement 13 % des employés engagés. Le chiffre atteint les 29 % pour le Canada et les États-Unis.

 

Alarmant, inquiétant, surprenant, triste et malheureux, ce sont les mots que la lecture de ce rapport m’a inspiré.

 

Un questionnement majeur s’impose : les dirigeants d’aujourd’hui sont-ils conscients et sensibles à l’importance de l’épanouissement des employés, sachant qu’outre son impact sur l’engagement et la créativité des employés, il reste primordial pour le succès et la croissance de l’entreprise et pour le bien‑être sociétal?

 

Insatisfaits, pour ne pas dire Malheureux!

Ma carrière dans le secteur des ressources humaines et du recrutement depuis plus d’une quinzaine d’années m’a permis de côtoyer des milliers d’employés, dirigeants et chefs d’entreprise. Plusieurs d’entre eux se confient souvent et se disent insatisfaits, pour ne pas dire malheureux. Ce qui ressort de plus surprenant de ces échanges est que les causes n’ont pas beaucoup changé dans le temps. Le manque de reconnaissance, de confiance, les rapports difficiles avec les patrons ou les collègues, les tâches dévalorisantes et les contrôles rigides sont toujours monnaie courante dans les entreprises.

 

Un professionnel en marketing m’a récemment confié la crainte de franchir la porte de son bureau, ayant un patron contrôlant qui n’offre aucune reconnaissance, mais surtout qui s’approprie ses idées et le fruit de son travail. Il se sent exploité et dévalorisé, mais ses contraintes familiales et financières ne lui permettent pas de s’extraire de cette situation.

Crédit Photo: bigstockphoto.com

Un ami, avocat dans un important cabinet, m’a rapporté des histoires invraisemblables de coups bas, de zizanie, de jalousie, d’insultes, de concurrence déloyale entre collègues, d’incompétence au sein de la direction, etc. Il a fini par démissionner et prendre plusieurs mois sabbatiques afin de se remettre psychologiquement.

 

Les histoires sont multiples et le point commun est toujours l’inconscience et parfois l’ignorance des entreprises et, en face, la détresse des employés.

 

Le Bonheur au travail, c’est possible

Le premier critère de choix que les employés mentionnent le plus souvent est de rejoindre une entreprise où le bien-être des employés est une priorité pour la direction.

 

Souvent, des actions simples efficaces, faciles et rapides, ont beaucoup d’impact sur les employés et sur l’organisation. Voici une quinzaine de recommandations permettant d’instaurer un environnement de travail propice au bonheur :

▪      valorisez et reconnaissez les accomplissements et les initiatives de vos employés;

▪      soyez à l’écoute de vos employés;

▪      ayez une approche égalitaire;

▪      instaurez une culture d’entreprise qui favorise le partage d’information;

▪      reconnaissez le succès sans tomber dans la camaraderie;

▪      soyez des coachs et non des superviseurs;

▪      favorisez la flexibilité (tel que le télétravail);

▪      encouragez la formation et le développement de vos employés;

▪      établissez des objectifs réalistes;

▪      soyez transparent et communiquez;

▪      consultez vos employés autant que possible avant de prendre des décisions;

▪      développer l’autonomie de vos employés;

▪      nommez des managers compétents, inspirants et leaders;

▪      fournissez un feed-back continu, positif et constructif;

▪      priorisez le bien‑être de vos employés et l’instauration du bonheur au travail.

 

Bonne année 2016, et privilégions le bonheur, car comme le disait Albert Camus « Il n’y pas de honte à préférer le Bonheur! ».