Le cryptojacking, faire de l’argent c’est bien, le faire faire par les autres, c’est mieux…

Par Bertrand Milot

Je vous ai parlé, il y a quelques mois, des cryptomonnaies et du syndrome à la mode qu’est le minage. Je vous ai raconté les histoires de ces nouveaux riches « geeks » ayant flairé les avantages spéculatifs des cryptomonnaies. Bref, tout un monde de complexité qui, avant même de commencer sa démocratisation, a déjà été surexploité et tombe doucement dans l’obsolescence, selon les experts de la première heure. Il est temps maintenant pour ceux qui savent profiter, usurper, manipuler et exploiter les méconnaissances des profanes d’entrer dans le bal et de « faire leur fête » aux plus innocents d’entre nous.

 

Les cybercriminels ont une nouvelle marotte : utiliser votre ordinateur pour miner des cryptomonnaies à leur place.

Vous, tout seul, vous n’êtes pas très rentable, mais vous tous, internautes de tous les jours allant voir les sites sensationnalistes entre midi et deux ou le soir pour penser à autre chose et/ou procrastiner un peu, c’est beaucoup plus intéressant en termes de volumétrie. Imaginez : des milliers d’ordinateurs minant en simultané, comme un seul homme, victimes aveugles de la cupidité d’un jeune pirate à la solde d’une organisation cybercriminelle sans foi, ni loi.

 

Ridicule? Et pourtant, c’est la vérité.

Le cryptojacking est un nouveau type de cybermenace impactant des sites Web mal protégés, sur lesquels un petit « malware » invisible et apparemment totalement inoffensif œuvre à transformer la machine de l’internaute en petit mineur à la solde de quelqu’un d’autre que son propriétaire légitime.

 

En effet, ces petits scripts sont implantés, en toute impunité, par les pirates sur ces sites vulnérables. L’internaute connecté sur le site ne remarque pas que son ordinateur chauffe, que les ventilateurs de sa machine s’excitent comme si elle était aux prises avec les plus difficiles calculs qu’il lui ait été donné de faire. Et pour cause, c’est exactement, ce qu’elle fait, elle calcule comme jamais pour tenter de « deHasher » les prochains blocs de « blockchain » d’une cryptomonnaie. « Ce n’est pas très grave! » me direz-vous, et bien en réalité si, car il y a un abus multiple dans cette histoire « sans gravité ». D’abord, votre machine est utilisée contre votre gré pour alimenter et enrichir une organisation criminelle, vous rendant alors complice involontaire de ses futurs méfaits; ensuite, votre machine s’use plus vite : faire fonctionner un processeur à plein régime c’est aussi dommageable pour un ordinateur qu’un moteur en sur régime sur un véhicule, ça n’est « vraiment pas conseillé »; enfin, le site Web sur lequel est implanté ce petit script envahissant a été piraté et a subi une forme d’altération, de cyberattaque.

crédit: depositphotos.com

Alors, comment savoir?

Comment détecter que votre site ou le site sur lequel vous êtes en train de naviguer n’est pas, malgré lui, en train d’usurper les ressources technologiques de milliers d’ordinateurs au profit d’une organisation de cyber-malfaiteurs : vous pouvez, par exemple, vous rendre sur le site Who is mining et vérifier si le site en question est dans la liste.

 

Est-ce répandu?

Oui, le site de Tesla a fait les frais de ce type de script. Le grand YouTube a lui-même été victime de ce genre d’arnaque, via des scripts « habilement planqués » dans des annonces ou des pubs affichées et hors du contrôle réel du célèbre site de vidéos en ligne.

 

Cependant, il est tout à fait possible et légitime de miner en toute légalité en avertissant vos internautes et même, pourquoi pas, en les faisant bénéficier des profits réalisés.

 

Dans ce cas, si vous décidez d’implanter, vous-même, un script sur votre propre site, vous installerez probablement Coinhive ou l’équivalent. Mais attention, je désapprouve formellement ce type de pratique et vous suggère fortement de ne pas emprunter ces chemins car les pièges sont nombreux, le parcours non fléché et la régulation inexistante. À vos risques et périls.

 

Si vous souhaitez limiter les risques de cryptojacking, préférez un navigateur Internet plus léger et sécuritaire. En ce début d’année 2018, j’aurais tendance à vous suggérer Opera. Malheureusement, ce conseil pourrait s’avérer moins recommandable le mois prochain, car des menaces naissent tous les jours et les pirates ne manquent pas de créativité pour trouver de nouvelles failles.

 

Pour votre sécurité, il existe des bloqueurs comme uBlock ou AdBlock Plus qui aideront à limiter les abus sur vos machines.

 

Restez à l’écoute.

L’ANALYSE MOTIVATIONNELLE « JOB TO BE DONE »; UN OUTIL POUR VOUS AIDER

 

Qu’est-ce que l’analyse motivationnelle?

L’analyse motivationnelle est un outil de la méthode « design thinking » utilisé lors de la première phase du processus, la clarification. Il faut débuter par identifier l’opportunité en allant chercher les opinions des clients et/ou utilisateurs actuels afin de comprendre la manière dont ils vivent la situation actuelle. Cet outil nous permet d’aller comprendre les tâches, les motivations profondes, les indicateurs de succès et les pièges à éviter, ce qui mettra en lumière les endroits où concentrer notre énergie pour créer de la valeur pour nos clients. Ultimement, l’analyse motivationnelle est une façon de recadrer et d’innover la manière de faire les choses pour être aligné avec les motivations/besoins des clients. On répond aux questions suivantes : Qu’est- ce que le client veut? Quelles utilisations fera-t-il de mes services? Qu’est-ce qui le motive à revenir me voir? Lorsque les réponses seront recueillies, il sera possible d’ajuster les services offerts pour fournir des solutions qui répondent aux intentions spécifiques de nos clients, c’est-à-dire leurs buts à eux. N’oublions pas que notre raison d’être est d’aider nos clients à satisfaire leurs besoins.

 

Qui doit être impliqué?

Puisque nous utilisons l’analyse motivationnelle pour redéfinir et transformer le rôle actuel des professionnels en RH, il est préférable que l’outil soit porté par un leader de la fonction RH qui souhaite transformer son équipe et bâtir une réelle expérience client. Sans cet appui, il serait surprenant que les employés puissent transformer la façon dont ils livrent des services. Ensuite, tous les membres de la fonction ou de l’équipe doivent être impliqués ainsi que les divers clients comme les employées, les gestionnaires de tous les niveaux et la haute direction. Comme ces catégories de clients ont toutes des besoins et des motivations différentes, il faut aller cerner ces différences pour livrer des solutions stratégiques de valeurs à chaque échelon hiérarchique.

 

Comment ça s’applique?

Dans ce cas précis, l’opportunité est de trouver la meilleure façon de concevoir le rôle des membres de la fonction RH afin de devenir des partenaires stratégiques.

 

Allez rencontrer vos clients et identifiez leurs besoins. Pensez au-delà des services que vous offrez actuellement et tentez de trouver leurs motivations profondes dans leur rôle spécifique tout en gardant en tête votre propre rôle.

 

Les réponses dans les encadrés ci-dessous servent d’exemples. Nous analyserons les attentes d’un employé face au rôle attendu de son responsable RH, spécialiste en gestion des carrières.

 

1. Considérez deux types de rôle : fonctionnel et émotionnel. Le rôle fonctionnel est la tâche à accomplir et le rôle émotionnel est le sentiment sous-jacent à l’atteinte de l’objectif.

 

2. Définissez des critères pour mesurer le succès des deux types de rôle du point de vue du client. Quels sont les critères de performance utilisés par le client pour affirmer que le besoin a été comblé?

 

3. Définir les résultats à éviter. Comment le client décrit-il ses points de douleur? Quels sont les éléments qui le rendent non satisfait à l’égard de son objectif à atteindre?

 

Finalement, nous recommandons que le responsable de l’équipe RH commence en faisant cet exercice avec sa propre équipe. Ainsi, lorsque les besoins de l’équipe et des clients sont arrimés, il sera possible de commencer par travailler sur ces éléments-là pour transformer le rôle. C’est d’ailleurs ce qui crée de la valeur pour les personnes dans l’organisation, c’est-à-dire lorsque tout le monde y trouve son compte. La motivation de l’équipe à se transformer sera plus grande, ce qui favorisera une bonne gestion du changement puisqu’un changement radical du rôle des RH engendrera peut-être quelques résistances!

 

PROCHAINES ÉTAPES

· Analysez ce que vous êtes prêt à changer et priorisez (court, moyen et long terme). 

· Définissez les écarts entre les services offerts et désirés. 

· Générez de nouvelles idées pour trouver la manière de faire évoluer les rôles. 

 

À RETENIR

L’analyse motivationnelle peut donc être un outil particulièrement pertinent dans un contexte de redéfinition de la pratique ressources humaines puisqu’elle permet de cerner les motivations profondes derrière ce que vos clients veulent accomplir avec vous. Il faut se détacher de nos processus et aller rencontrer les individus pour se positionner comme des acteurs qui vont les aider à réaliser leur mission. L’énergie peut ensuite être déployée sur les éléments qui créent le plus de valeur. C’est donc ainsi qu’il sera possible de devenir de vrais partenaires stratégiques, et ce, à tous les niveaux de l’entreprise!

 

Bien souvent, des changements liés aux rôles et responsabilités engendrent une certaine anxiété chez les employés qui occupent ces positions. Il n’est donc pas rare de faire face à certaines résistances chez les gens impactés par le changement. De ce fait, utiliser l’approche « design thinking » pour faire évoluer les rôles des équipes de gestion des ressources humaines est plus qu’appropriée puisqu’elle permet d’impliquer de nombreux acteurs. Ces derniers font partie de la solution, ce qui provoque un réel désir de se transformer. Donc, êtes-vous prêt à saisir cette opportunité?

 

RÉFÉRENCES

         Bersin, J. (2014). « The New Model for Talent Management: Agenda for 2015 ». Recrutement & RH, A aires. Retrouvé          sur : http://www.slideshare.net/jbersin/talent-management-revisited/34-34_The_Crux_of_the
         Bersin, J., Solow, M., & Wake eld, N. (2016). « Design Thinking: Crafting the employee experience ». Deloitte          University Press. Retrouvé sur : http://dupress.com/articles/employee-experience-management-design-thinking/          ?id=gx:2el:3dc:- dup3021:awa:cons:hct16
          Vosburgh, R. M., PhD. (2015). « HR’s evolving role with the board ». People and Strategy, 38(2), 18-21.
          Yadav, P., & Singh, J. (2014). « Paradigm shift in human resource management in present scenario - emerging           trends ». Su- medha Journal of Management, 3(3), 59-72.
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