Je vous remets un peu de coaching?

Par Jérôme Rudaz

Le monde professionnel a ceci de passionnant, il a ses modes et ses codes.

 

Aujourd’hui, la mode est au coaching. Ainsi, nous voyons fleurir les titres « coach » sur Linkedin autant que de marguerites dans la campagne qui m’entoure (printemps oblige).

« Business coach », « life coach », « coach en insertion », « coach en développement de carrière », « team coach », « equicoach », et j’en passe…

 

Ainsi, et comme souvent, je m’interroge :

« Comment en sommes-nous arrivés là? »

 

Prenant donc mon bâton de pèlerin étymologiste, je reviens à la signification première de ce titre… Le coach prend son sens du mot « coche » (pour les plus jeunes, c’est une voiture tirée par des chevaux, conduite par un cocher, tout se recoupe…) Ainsi, la personne « coachée » se laisse guider et accompagner par son « coach », assis sur son fauteuil, pour nous amener d’un point A à un point B. 

 

Nous arrivons donc au cœur de la problématique. A cette époque, le cocher était considéré comme un personnage important, qui avait tous les pouvoirs sur le voyage et ses occupants.

 

Je ne peux croire qu’une fonction aussi importante était laissée au premier venu et que l’on s’improvisait cocher comme nous pouvons nous improviser coach aujourd’hui.

 

Est-ce bien prudent aujourd’hui de laisser les rênes à des cochers qui n’ont parfois jamais été formés à ce métier, ou qui même, si j’en crois certains des profils que j’ai consultés, n’ont jamais vu un cheval de leur vie?

 

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Il est évident que le besoin de se faire accompagner est bien présent. Comme à l’époque, il est plus simple de s’asseoir à l’arrière que de vouloir prendre seul les rênes de son propre changement. Souvent, un regard externe n’est pas une mauvaise chose, et si le cocher est bon et bien formé, le voyage en devient agréable, plus confortable et plus rapide.

 

Si votre cocher est un imposteur, votre itinéraire sera aussi périlleux que de vous asseoir à l’arrière d’une voiture UBER avec un conducteur qui n’aurait pas passé son permis de conduire. 

 

Donc, au moment de choisir votre coach, pour le voyage qu’il vous plaira d’accomplir, choisissez-le bien, et regardez les itinéraires que lui-même a déjà accomplis. Certes, tout cocher a dû avoir son premier client et se faire la main pour comprendre toutes les ficelles de son métier, comme tout élève conducteur, le jour où, le permis en poche, il se lance sur les routes avec un passager qu’il doit véhiculer. Il n’y a aucun mal à faire confiance à un débutant.

 

Il est par contre toujours risqué de s’asseoir à côté d’un pilote sans permis.

 

Comme tout métier, celui de coach s’apprend. Et se respecte.

 

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