Le droit d’importuner existe-t-il en milieu de travail?

Par Katherine Poirier

L’année 2017 s’est terminée en tourbillon de dénonciations, à l’échelle du Québec, du Canada et des États-Unis, visant des allégations d’inconduite au travail, de harcèlement sexuel et d’abus de pouvoir. Des informations troublantes concernant des personnalités bien en vue ont été citées dans les médias, entraînant la déchéance de certaines personnalités publiques.

 

Cette déferlante a sensibilisé tous les milieux au harcèlement sexuel et aux inconduites, encourageant chaque collaborateur d’une organisation à réagir afin que le climat de travail ne tolère pas de tels méfaits.

 

D’un œil de juriste, on ne peut que saluer le fait que les victimes dénoncent ces situations intenables et espérer que les mécanismes internes de traitement des plaintes soient encore plus affutés, en vue d’une intervention rapide.

 

Demeure une certaine inquiétude face au fait que l’opinion publique se soit parfois fait juge et jury dans certaines circonstances, condamnant sans procès. On ne saurait passer sous silence non plus que le tout a entraîné l’interruption de projets qui étaient le gagne-pain d’employés non visés par les allégations : des dommages collatéraux significatifs.

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Dans la foulée de ces événements, 100 personnalités publiques ont fait une sortie au journal Le Monde, parmi lesquelles l’actrice Catherine Deneuve, se portant à la défense du droit « d’importuner », ou en d’autres termes, de revenir à la charge avec des avances insistantes lorsque l’objet de nos attentions les refuse. Si le tout a laissé place à un débat de société important, les uns saluant le droit de faire la cour, les autres estimant que le tout béatifie les abus, une chose doit demeurer claire : la liberté de ne pas être importuné en milieu de travail demeure.

 

Ainsi, bien que les romances et marques d’affection entre collègues ne sont pas à interdire, n’en demeure pas moins que pourchasser quelqu’un d’avances répétées alors qu’un refus a été communiqué ne peut en aucun temps être protégé par une quelconque « liberté d’importuner ». S’il demeure un espace où les individus doivent pouvoir évoluer en tout respect, c’est bien le milieu de travail.

 

Espérons que ces derniers mois auront entraîné une prise de conscience plus que passagère.

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