La relation gestionnaire-employé à saveur coaching

Par Lyne Leblanc et Lyne Girouard

Avant tout, nous souhaitons mettre en perspective les propos de cet article. Notre expérience du monde du travail nous a confirmé que des relations véritables, basées sur l’authenticité, l’ouverture et le respect existent dans toutes les organisations. Dans les lignes qui suivent, nous désirons simplement mettre en lumière ce qui existe au niveau relationnel lorsque les acteurs ont une conscience « accrue » de leur façon d’être avec les autres. Cet aspect relationnel n’est certes pas l’apanage du coaching, mais c’est sous cet angle que nous souhaitons l’explorer.

 

Comment se comporte le patron qui s’est approprié des habiletés de coaching?

 

On pourrait croire que ce dernier, qui a fait une démarche formelle de formation ou d’accompagnement individualisé, est devenu quelqu’un d’autre? En fait, il n’en est rien!

 

Le patron a plutôt « pris conscience » de sa façon d’être, a amélioré ses capacités relationnelles et a mis en pratique des techniques de communication efficaces.

 

Qui dit coaching, dit confiance dans le potentiel de son interlocuteur!

 

Comme le dit la célèbre coach parisienne, Françoise Kourilsky-Béliard : « Si tu es convaincu que le mec en face est un con, il va tout faire pour te prouver que tu as raison ». En s’appropriant une posture coaching, monsieur Patron s’est peut-être questionné sur le regard qu’il porte habituellement sur autrui? Peut-être a-t-il fait l’expérience de s’attarder vraiment à ce que dit ou fait son collaborateur pour, soudainement, prendre conscience de tout le réservoir de capacités qui est là et que, ni l’organisation ni lui n’ont jamais exploité.

 

Si nous amenons cette réflexion un peu plus loin, cela veut dire que ce même patron a suffisamment confiance en ses propres possibilités pour accepter avec ouverture que son collaborateur émette « la meilleure idée » que le service ait produit depuis longtemps. Nous convenons que cela prend une certaine dose de confiance en soi et d’humilité pour permettre à ceux qui nous entourent de « briller ». Cela nous rappelle une allocution de Nelson Mandela à propos de la nature humaine : « Jouer petit ne sert pas le monde. Il n’y a rien d’édifiant à se rapetisser de manière à ce que les autres ne se sentent pas menacés… Et si nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission d’en faire autant. » Ce sont là les premières composantes pour bâtir une relation de collaboration basée sur la confiance mutuelle et qui permet d’orienter nos actions vers le but commun et les objectifs que nous nous sommes fixés.

crédit:depositphotos.com

Au-delà de ce savoir-être, monsieur Patron a saisi que communiquer commence bien avant « d’ouvrir la bouche », il a développé une forme d’écoute qui lui permet de saisir ce qui se dit au-delà des mots. Le message que lui transmet son interlocuteur est empreint d’une certaine énergie? Que dit ce ton précipité avec lequel on lui transmet une information en apparence anodine? Qu’est-ce qui fait que ce collaborateur habituellement enthousiaste fixe un point derrière la fenêtre pour parler d’un projet qui lui tient à cœur?

 

Écouter vraiment implique que l’on prenne le temps « d’entendre » aussi ces messages tout en prenant soin de vérifier sa perception auprès de son interlocuteur (j’ai l’impression que… est-ce que je me trompe… est-ce bien de cela qu’il s’agit, etc.) avant de tenir pour acquise la compréhension commune d’une situation.

 

Communiquer suppose aussi une certaine maîtrise de l’art du questionnement qui implique avant tout que l’on soit présent à ce qui se passe! Nombreux sont ceux qui écoutent d’une oreille en réfléchissant à ce qui doit être accompli avant le prochain rendez-vous! Et que dire de celui qui pose une question en y glissant la réponse pour que ce soit plus efficace? Pourtant, poser des questions pertinentes et porteuses peut s’avérer assez simple si l’on écoute l’interlocuteur pour rebondir sur ce qui est dit. Et, si les meilleures questions étaient celles dont on ignore la réponse et qui permettent un acte de découverte sur la situation et sur la façon de penser de l’autre?

 

En définitive, s’il n’y avait qu’un mot pour décrire la condition sine qua non  à l’établissement d’une relation à saveur coaching, ce serait « présence »! Être présent, c’est être dans l’ici et maintenant, accepter d’apprendre de l’autre, reconnaître avec humilité ne pas avoir de réponse toute faite et désirer profondément cocréer la solution dans cette collaboration avec l’interlocuteur.

 

Nous n’engageons pas nos collègues coachs dans les propos de cet article, mais nombreux seront d’accord pour dire que les techniques et les outils de coaching ne sont pas d’une grande utilité s’ils ne s’appuient pas sur un « savoir-être » empreint d’ouverture et d’intérêt réel pour l’autre.

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