Coaching et compétences transférables… - Deuxième partie

Par Lyne Girouard et Lyne Leblanc

Comme précisé dans notre dernier article, nous souhaitons illustrer les parallèles existants entre les compétences du coach telles qu’énoncées par ICF et le métier de gestionnaire. Ce mois-ci, nous visitons les compétences du deuxième bloc qui touchent à la co-création de la relation avec le client. Deux compétences distinctes forment ce deuxième bloc. Il s’agit de la capacité du coach à construire un climat de confiance et d’intimité avec le client et de sa capacité à être pleinement présent et conscient.

 

La capacité du coach à établir une relation de coaching permet de créer un environnement sécuritaire dans lequel la personne coachée peut plus facilement et librement explorer ce qui est là pour elle, ce qui est important et ce qu’elle souhaite fondamentalement. Cette compétence implique également la capacité du coach à établir un véritable partenariat. Ici, pas question pour le coach d’être en « position haute » ou d’être dans une posture d’expert détaché. Le partenariat implique une mutualité où la personne coachée est « l’experte » de son contenu et où le coach est « l’expert » d’un processus. Le partenariat implique que le coach est dans un état d’ouverture et de réceptivité devant ce qui émerge de la relation avec le client. D’où l’importance ici, de la qualité de présence et de conscience du coach!

 

La présence du coach se joue à différents niveaux. Une présence où le coach est totalement en phase, curieux et attentif à ce que dit, et au-delà des mots, à ce que vit son client. Le coach sait ainsi se fier à son intuition et peut, au besoin, partager ses impressions.

 

La présence du coach est également tournée vers lui-même. Le coach est également attentif à ce qui émerge chez lui. Est-il distrait par des rappels de sa propre expérience? Est-il en train de juger, bien malgré lui, ce que son client exprime? Ou, est-il totalement empathique et attentif à ce que vit son client? Cette conscience de soi-même, cette danse constante entre lui et l’autre est un outil fort précieux pour le coach. Il s’agit là d’un joyeux paradoxe : plus le coach est conscient de ce qui se passe en lui, plus il est apte à être présent à l’autre.

 

Comment maintenant se traduisent ces deux habiletés dans un rôle de gestion? Comment le gestionnaire peut-il les utiliser afin de favoriser l’engagement et la mobilisation de ses employés?

crédit:depositphotos.com

Un gestionnaire sachant établir un partenariat plutôt que de se retrancher derrière sa position hiérarchique n’obtient-il pas davantage de ses employés? Nous le croyons. Et ce qu’il obtient est-il davantage durable? Nous le croyons également. Pourquoi? Parce qu’alors l’employé sent qu’il peut contribuer, apporter sa couleur et déployer sa créativité; efforts qui ne sont pas énergivores, mais bien au contraire ressourçants et énergisants.

 

Le gestionnaire capable d’établir une réelle relation de confiance avec son employé offrira un cadre sécuritaire où il sera plus facile pour ce dernier d’exprimer ses inquiétudes, ses soucis voire même ses erreurs. L’occasion sera alors belle pour le gestionnaire d’offrir son soutien et d’aplanir les difficultés vécues par son employé ou de rechercher les apprentissages à retirer des erreurs commises.

 

Quant à la qualité de présence et à l’intuition, n’est-il pas depuis longtemps établi qu’il s’agit là pour le gestionnaire de caractéristiques appréciées par les employés. Combien de fois avons-nous entendu des employés heureux mentionner : « mon patron est très occupé, mais dans nos rencontres il prend vraiment le temps de m’écouter et je sens que je ne suis pas qu’un numéro. Il ne me voit pas comme une ressource, mais bien comme un acteur à part entière. Ça me donne des ailes cette reconnaissance humaine réelle. »

 

Au risque de nous répéter, il nous importe de rappeler que ces deux habiletés reliées à la cocréation de la relation ne s’exercent pas de la même manière chez le coach que chez le gestionnaire. Toutefois, pour les deux métiers, il s’agit d’atouts importants, voire essentiels.

 

En terminant, et dans un autre ordre d’idées, nous tenons à vous souhaiter, chers lecteurs, une très belle année 2018. Nous souhaitons également vous informer qu’il s’agit de notre dernière collaboration au Magazine FacteurH. En effet, Lyne Leblanc, présidente d’ICF Québec depuis novembre dernier, a décidé de poursuivre autrement sa contribution au monde du coaching. Soyez sans crainte, la chronique coaching sera toutefois maintenue.  

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