Êtes-vous capable d’avoir une vraie discussion franche?

Par Nathalie Carrier

Plusieurs échanges m’ont récemment amenée à traiter des conversations franches avec son employeur. Il ne semble effectivement pas si simple de parler franchement et avec transparence avec son supérieur. La plupart du temps, les gens vont se confier à leur entourage, aux collègues desquels ils se sentent proches, à leur conjoint ou à leur conjointe, à leurs amis, aux membres de leur famille ou à toute autre personne qui assurera la confidentialité de leurs échanges, et ce, rarement – pour ne pas dire jamais! – directement à la personne concernée. Pourquoi cela?


Pour plusieurs, ce n’est pas si simple. La peur d’être jugé, incompris, mis de côté, mal perçu, voire congédié rend ces conversations difficiles, ce qui est selon moi très malsain. Comment notre leader peut-il nous amener à nous développer s’il n’est pas au fait de notre bien-être, nos contraintes, nos désirs, nos objectifs, nos ambitions ou même nos rêves?


Poussons la réflexion plus loin : à qui incombe la responsabilité de mettre en place des bases saines pour arriver à avoir une conversation franche et authentique? Est-ce l’employé qui doit partir le bal ou son gestionnaire? Le partenaire RH peut-il (ou doit-il) agir comme une courroie de transmission entre les deux parties?


Cela dépend d’un ensemble de facteurs, mais la venue d’une tierce partie neutre et objective est souvent la bienvenue pour provoquer ce type de conversation. C’est très souvent ce qui se produit lors d’une évaluation du potentiel en contexte de développement où le candidat et le gestionnaire souhaitent entendre les commentaires d’un consultant externe. Dans ces cas, le consultant joue le rôle de facilitateur, et cela permet d’enclencher des discussions franches.


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En effet, la simple présence d’un consultant externe ou d’un partenaire RH aguerri aide l’employé et l’employeur à avoir une conversation franche, et cela favorise des échanges en toute sécurité. L’objectif est de faciliter l’échange, interroger et creuser les besoins de chacun, diriger la conversation, ouvrir les possibles, aider à la conversation ainsi que mettre les bons mots en bouche concernant des événements ou des actions qui se vivent dans leur quotidien, et ce, en toute objectivité. On ne parle pas ici de gestion de conflits, mais simplement de conversations sincères. Toutes les parties peuvent ainsi prendre le temps de discuter des vraies affaires, en toute sécurité et simplicité.


Alors, pour obtenir une conversation franche entre individus, suffirait-il d’inviter simplement un médiateur qui orchestrerait le tout? Je ne crois malheureusement pas : une condition nécessaire, cruciale et vitale pour arriver à avoir une conversation franche avec qui que ce soit consiste d’abord à avoir eu une conversation franche avec soi-même. Et là, on parle d’une tout autre chose…  


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