Le recrutement boomerang ou comment retrouver ses anciens collaborateurs?

Par Stéphanie Lagand

Une appellation américaine qui fait bien sourire quand j’en parle ici depuis mon retour du Québec.  Cela étant dit, il s’agit d’un sujet sérieux, car le recrutement boomerang fait partie des pratiques assez courantes dans les pays anglo-saxons qui va tendre à se développer dans les années à venir en France.

 

Résultats d’une étude américaine, The Corporate Culture and Boomerang Employee Study, s’est penchée sur ce phénomène en expansion. Les résultats sont révélateurs :

  • 76 % des RH interrogées déclarent qu’elles acceptent mieux l’embauche de salariés boomerang que par le passé.
  • 15 % des employés sont déjà revenus vers un ancien employeur.
  • 40 % envisagent de le faire.
  • Ces cinq dernières années, 85 % des professionnels des RH ont reçu des candidatures d’anciens salariés, et 40 % d’entre eux ont donné suite à la moitié des demandes de recrutement.

 

Définition d’un employé Boomerang :

Selon Laurent Brouat(1) : «  C’est le fait de réembaucher quelqu’un qui a déjà travaillé chez nous ».Il s’agit donc bien des collaborateurs qui reviennent chez leur ancien employeur.

 

En raison de la pénurie de certains secteurs et métiers, cette réalité ne va pas manquer de se développer. Mais elle va nécessiter un changement de posture pour les entreprises qui restent parfois récalcitrantes, voire méfiantes à réembaucher un ancien collaborateur.

 

Pour quelles raisons réembaucher une personne qui a quitté l’entreprise? Pourquoi un collaborateur pourrait-il avoir envie de revenir quelques années après son départ?

Il faut considérer cette « réembauche » comme une chance pour l’entreprise et le salarié.

 

Il n’existe pas vraiment de profil type pour ces employés boomerang, mais en général ce sont des collaborateurs :

  • partis en bons termes avec leur employeur après quelques années passées au sein de l’entreprise;
  • leur transition a été gérée de façon professionnelle (transmission soignée des dossiers et des informations);
  • ils possèdent une très forte capacité de garder des contacts réguliers avec leurs anciens collègues et d’une façon générale avec l’entreprise.
crédit:depositphotos.com

Leurs raisons de départ sont diverses et dépendent de leur parcours professionnel et personnel :

  • ils ont saisi une opportunité professionnelle qui leur a permis de faire évoluer leurs compétences. Ils reviennent dans leur organisation précédente en général à un poste et une rémunération plus élevés.
  • ils partent pour des projets d’ordre personnel : événements familiaux, mutation/promotion du conjoint, départ à l’étranger, etc. En règle générale, ces salariés restent en contact très régulièrement avec l’entreprise et lui donnent parfois encore des coups de pouce (partenariat, conseils, etc.)

 

Des employés enrichis de nouvelles compétences…

Voire de nouvelles façons de travailler, de nouveaux savoir-faire, de nouveaux savoir-être pour ceux qui sont notamment partis dans des pays avec une culture (au travail et dans le quotidien) différente.

  • ils reviennent enrichis d’une diversité d’expériences/compétences tout en connaissant déjà l’entreprise et sa culture;
  • ils connaissent et comprennent l’activité de l’entreprise, ses produits et ses services;
  • ils ont découvert de nouvelles choses et fait de nouvelles expériences pendant leur absence de la société et en font profiter l’entreprise;
  • ils sont souvent plus engagés lorsqu’ils reviennent dans l’entreprise.

 

« Un autre avantage inattendu, souvent négligé et difficilement chiffrable, concerne l’effet sur le moral de leurs collègues. Les collègues peuvent être contents de retrouver un ancien collaborateur et se dire par la même occasion : « il est parti puis est revenu. Peut-être l’herbe n’est-elle pas plus verte ailleurs ».(2)

 

Une solution au turn-over ou à des changements stratégiques au sein de l’entreprise

Les talents ne restent plus toute leur vie professionnelle chez un seul et même employeur, ils partent désormais acquérir ailleurs de nouvelles compétences. Le turn-over coûte cher aux organisations : il est couramment admis que le départ et le remplacement d’un employé génèrent un coût équivalent à une année de salaire (frais de recrutement, de formation, perte de compétences, de productivité, etc.).

 

Une raison objective de considérer d’un œil favorable l’employé boomerang, qui, par définition, témoigne d’un attachement certain envers la culture d’entreprise.

 

En conclusion : l’idée à retenir, autant pour les collaborateurs que pour les entreprises, c’est de garder le contact!

 

  1. https://www.linkhumans.fr/tendances-recrutement-2017/
  2. http://www.resolument-rh.com/article/entreprises-embauchez-des-salaries-boomerang/#.Wjppi0riY2w
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