Productivité au travail? Le bonheur au travail à la Google!

Par Stéphanie Lagand

En 2014, j’avais eu l’occasion d’assister à une conférence donnée par Marc-André Lanciault, PDG de Karelab sur le bonheur au travail versus la place à l’engagement et la reconnaissance des employés.

 

J’avoue avoir pensé à une conférence quelque peu utopique, mais… donnée par un PDG et… quelques chiffres attirèrent mon attention dès lors l’introduction de la conférence :

►  Les entreprises dont les employés sont engagés multiplient leur croissance par 2,5, augmentent leurs revenus de 37 % et génèrent un profit de 33 % supérieur aux entreprises dont les employés sont désengagés

 

1re conclusion : l’engagement des employés aurait donc un impact direct sur la performance et la profitabilité de l’entreprise!

Autres chiffres cités pour le Canada :

  • 70 % des employés canadiens se disent non engagés dans leur travail. 
  • Les coûts engendrés par ce manque d’engagement, en perte de productivité, absentéisme, épuisement professionnel, etc. atteignent 50 milliards de $ par année.
  • Les coûts du roulement des employés, à eux seuls, représentent 1,2 milliard de $.

Impressionnant! Des entreprises mettent aujourd’hui en place des stratégies afin d’augmenter l’engagement des employés, de les aider à trouver leur raison d’être au sein de l’organisation. Ce qui aurait ainsi pour impact l’augmentation de la productivité et de la créativité de leurs équipes.

Une entreprise telle que Google cherche justement à mettre en place l’équation mathématique du bonheur au travail. Oui, vous avez bien lu, on associe mathématiques, bonheur et travail!

 

Google, déjà classée dans le magazine Fortune comme une des entreprises où il fait bon travailler, s’investit davantage chaque jour dans la satisfaction de ses employés.

 

Sympathique Google? Elle sait pertinemment ce qui est en jeu : la productivité.

Google est ainsi à l’origine d’une enquête annuelle sur la « recette secrète » qui garde ses employés épanouis dans leurs vies personnelles tout en étant productifs et performants au travail : Googlegeist.

 

Mais comment une entreprise comme Google est-elle devenue un endroit où il fait si bon travailler?

Une étude a porté sur le départ des femmes de chez Google, en proportion assez importante. Hors, la féminisation de la force de travail est depuis un certain temps une des priorités de l’encadrement, de par la tension du marché des hautes technologies.

Pour recruter des salariés, Google doit affronter Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, et des hordes de start-ups. Chaque départ déclenche donc un processus de recrutement long et coûteux.

Par ailleurs, le taux de départ chez les femmes suggérait aussi que quelque chose ne tournait pas rond dans la machine à produire du bonheur de Google.

Le service des ressources humaines se devait de comprendre pourquoi et d’indiquer la façon de régler le problème!

Crédit : Google inc. Sydney

POPS et les congés maternité

Chez Google, le département Ressources humaines est appelé People Operations, que la plupart des employés abrègent par POPS. Ce dernier a analysé le problème du départ des femmes qui semblait associé à la maternité : les femmes qui venaient d’avoir un enfant quittaient deux fois plus l’entreprise que la moyenne.

Le congé maternité de douze semaines est alors passé, dès 2007, à cinq mois de congé maternité avec 100 % du salaire et l’autorisation de répartir ces congés à la carte.

Politique fastueuse qui suit la légende des bonus haut de gamme accordés par l’entreprise –buffet traiteur gratuit, pressing sur site, navettes avec connexion Wi-Fi –, mais…

 

Accorder plus de congés lui a fait gagner de l'argent

La générosité de Google peut à l’occasion sembler excessive, mais POPS surveille attentivement des quantités de statistiques relatives à la façon dont les employés réagissent aux avantages octroyés : l’entreprise ne jette pas l’argent par les fenêtres.

Le congé maternité de cinq mois, par exemple, a permis à l’entreprise d’en gagner. Une fois mis en place, le taux des départs de Google chez les jeunes mères a rejoint la moyenne de l’entreprise. « Une baisse de 50 % –c’était énorme! » raconte Bock, le responsable du département.

De plus, le bien-être – tel que le mesure Googlegeist, l’enquête annuelle et très détaillée menée auprès des employés – a également augmenté. Surtout, la nouvelle politique de l’entreprise en matière de congés maternité lui permettait de faire des économies.

Avec Bock à sa tête, le département des ressources humaines de Google a des allures de laboratoire scientifique, loin de l’image traditionnelle des RH. POPS s’appuie sur un logiciel sophistiqué destiné au traitement des statistiques recueillies auprès des salariés. L’ambition ici est de dégager des certitudes empiriques sur chaque aspect de la vie des employés de Google – pas uniquement le niveau de salaire ou de prestations appropriées, mais également des détails d’apparence triviale, comme la taille ou la forme optimale des tables de la cafétéria, ou la longueur de la queue à l’heure du déjeuner!

Avec le temps, les découvertes faites par Google – que l’entreprise partage souvent avec d’autres professionnels des ressources humaines – pourraient contribuer à améliorer tous les emplois. Comme le dit Bock : « on passe plus de temps à travailler qu’à toute autre chose », rappelle-t-il.

« Si vous travaillez 8 ou 10 heures par jour, c’est plus que le temps que vous passez à dormir, plus que le temps que vous passez avec votre conjoint. Quand on fait le calcul, c’est un peu déprimant. Même si on aime son boulot, le travail devrait être à la hauteur du temps qu’on y consacre. Pourquoi n’est-ce pas le cas? »

Je vous laisse y réfléchir! Quelle que soit la taille de votre entreprise, il est toujours possible de mettre en place des actions qui augmentent les sentiments d’engagement et de reconnaissance de vos employés.

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