Innover et mobiliser par le mentorat inversé

Par Geneviève Brouillette et Jasmine Gaulin

Si nous vous disions que l’entreprise internationale Virgin embauche des jeunes d’une vingtaine d’années pour la conseiller en matière de stratégie numérique, seriez-vous étonné?

 

Pourtant, c’est une véritable pratique et Virgin n’est pas la seule organisation à se laisser influencer par les jeunes. Elles utilisent « le mentorat inversé », une pratique innovatrice, simple et porteuse, impliquant à la fois les jeunes professionnels, les employés d’expérience et les décideurs.

 

Principes de base

En gros, il s’agit d’être à l’écoute des idées des jeunes professionnels, dans un cadre souple et efficace. Pour une petite entreprise, il peut s’agir, par exemple, d’une conversation structurée entre le directeur et un employé, à raison d’une fois par mois autour d’un repas. Pour une plus grande organisation, il peut s’agir plutôt de la formation d’un groupe de jeunes qui échangent sur les enjeux de l’entreprise. Ces jeunes peuvent être des employés de l’entreprise tout comme des clients, des consommateurs et pourquoi pas des étudiants!

L’important pour réussir un bon mentorat inversé est de faire preuve d’une grande ouverture, d’être sans jugement et d’accepter de se laisser influencer par des idées différentes.  

 

Mentorat inversé : vecteur d’innovation

Tout comme Virgin, de plus en plus d’entreprises doivent gagner le « Web » pour demeurer compétitives. En ce sens, une priorité est d’être sous les projecteurs, de se positionner là où l’attention est portée. Il devient intéressant, dans ce contexte, de se laisser influencer par les idées et les conseils des jeunes professionnels. Le mentorat inversé devient donc un outil de communication pouvant contribuer à demeurer avant-gardiste et innovateur, surtout dans ses pratiques « Web ».

Crédit: depositphotos.com

Mentorat inversé : outil de mobilisation

Mobiliser les employés des différentes générations en les faisant travailler ensemble, le mentorat inversé permet d’accroître la participation des jeunes aux échanges et aux décisions tout en laissant la responsabilité aux gestionnaires. C’est aussi une belle opportunité pour les jeunes de gagner en crédibilité et en confiance en vivant des échanges constructifs avec les employés d’expérience et les gestionnaires.

 

Secteurs propices à la pratique

Le mentorat inversé est plus naturellement applicable dans les secteurs d’activité où les jeunes ont une meilleure connaissance de l’environnement que les générations précédentes. C’est souvent le cas avec les nouvelles tendances en matière de technologies, de réseaux sociaux et d’utilisation du Web.

De surcroît, les entreprises d’aujourd’hui ont un enjeu de présence Web. L’influence des jeunes, à travers le mentorat inversé, devient donc une solution intéressante, et ce, dans plusieurs secteurs. 

 

Mentorat inversé : une solution « gagnant – gagnant »

Les avantages de la pratique du mentorat inversé touchent autant les employés que les gestionnaires et décideurs, pour en nommer que quelques-uns :

· pratique peu coûteuse, qui peut faire économiser ou gagner davantage;

· amélioration des communications internes de l’organisation;

· outil d’aide à la prise de décisions pour les gestionnaires et la direction;

· outil permettant les remue-méninges intergénérationnels;

· engagement des jeunes professionnels, qui se sentent valorisés par cette pratique et où leur sentiment d’appartenance augmente.

 

Un exemple de chez nous

Jasmine, notre coauteure, a vécu la pratique du mentorat inversé dans un contexte de gouvernance dans une organisation québécoise. Elle nous décrit son expérience :

 

« Nous formions un comité aviseur d’une dizaine de jeunes âgés entre 18 et 25 ans. Le rôle de ce comité était de représenter les idées des nouvelles générations au sein du conseil d’administration. Nous étions un comité parallèle au C.A. et nous tenions des réunions mensuelles avec la présidente du C.A. afin de créer des liens et de bien représenter nos idées, chaque membre siégeait à tour de rôle au conseil d’administration, le but étant de créer des relations fortes entre les membres de deux comités et faire entendre nos idées. L’expérience a été bénéfique à tous, autant pour les jeunes, car nous avons appris beaucoup sur les rouages de la gouvernance, que pour les membres du conseil d’administration, qui aimaient le vent de nouveauté apporté par le comité aviseur. »

 

Enfin, le mentorat inversé permet de construire un pont intergénérationnel, qui amène une meilleure communication et une meilleure compréhension des différentes générations : un bel exemple de partage de visions des jeunes professionnels, des plus expérimentés et des décideurs.

 

Et si innovation rimait avec partage des visions?

 

Sources : https://www.virgin.com/entrepreneur/what-millennials-look-leader

https://www.virgin.com/entrepreneur/three-things-every-employer-should-know-about-millennial