Et votre crédibilité, ça va?

Par Mario Côté

En 2015, il existe de nombreux moyens, parfois très originaux, de perdre sa crédibilité! Ce fameux thème est rappelé si souvent dans les médias, qu’on a l’impression de savoir ce qu’est la crédibilité, sans jamais réellement avoir pris le temps d’y réfléchir sauf, bien souvent, lorsqu’elle est perdue! Avouons-le, la majorité d’entre nous, croyons avoir, en général, une très bonne crédibilité! 

Or, il y a une distinction importante à faire entre l’estime de soi (qui est la valeur qu’une personne se reconnait à elle-même) et la crédibilité (qui est la valeur que les autres nous accordent à partir de leurs critères). 

Dans ce contexte, peu importe l’estime qu’un individu a pour lui-même, sa crédibilité et la valeur qu’il aura aux yeux des gens de son entourage dépendront de leur correspondance aux critères de crédibilité des gens de son entourage, et non de ses propres yeux! 

Être crédible implique donc de savoir décoder ou connaître les critères de son entourage pour pouvoir démontrer ensuite sa correspondance aux critères, si on souhaite, évidemment, être crédible. Il existe, bien entendu, d’autres possibilités si on ne correspond pas entièrement aux critères de son interlocuteur, mais disons simplement que cette première approche est assurément la plus simple pour débuter! 

Pourquoi vouloir être crédible? 

S’il existe encore des gens qui demandent d’être convaincus de la pertinence de réfléchir à la gestion de leur crédibilité, disons simplement qu’il y a de nombreux avantages à s’y intéresser de plus près. Être crédible permet d’influencer, d’assumer pleinement son leadership. Être crédible permet également de gagner la confiance des gens, et cela peut permettre d’obtenir des mandats intéressants, d’avoir des partenaires prestigieux, d’être convoité et d’avoir davantage de choix ou de possibilités. Qui peut donc se priver de tels avantages? 

Crédit photo : Istockphoto.com

Connaître les codes et les critères 

En 1995, j’étais à San Francisco pour y suivre une formation de quelques jours. Dans le groupe de participants, un d’entre eux, fort sympathique à mes yeux, avait fait le voyage directement de Hong Kong pour assister à la même formation. Nous avons échangé sur nos pratiques respectives dans nos milieux de travail et nécessairement, avons débordé, au cours des quelques jours à nous côtoyer, sur nos aspirations professionnelles et personnelles.  

À la fin du séjour, nous avons échangé nos cartes d’affaires. J’ai pris la sienne, qu’il m’a tendue très poliment, en la tenant de ses deux mains, et je l’ai immédiatement rangée dans mon porte‑monnaie. Quand je lui ai remis la mienne, d’une seule main, il l’a prise à nouveau de ses deux mains, l’a lue attentivement et m’a posé quelques questions sur ce qui était inscrit sur ma carte et sur mon titre professionnel. J’ai trouvé son attitude curieuse, mais sans plus. 

Sans le savoir, à ce moment, je venais de commettre un impair fort irrespectueux dans la culture chinoise et n’eût été la relation qui s’était établie entre nous au cours des quelques jours de formation, j’aurais probablement perdu beaucoup de crédibilité à ses yeux. Après avoir relaté, à mon tour, ce curieux événement à une amie habituée aux voyages en Chine, elle m’a appris que la carte de visite est très importante en Chine et que l’étiquette veut qu’on fasse exactement ce qu’a fait mon nouvel ami de Hong Kong. 

Aujourd’hui, il est évident qu’un homme ou une femme d’affaires qui veut réussir rapidement à l’étranger, n’a pas intérêt à commettre ce genre d’impair et a tout intérêt à connaître les codes culturels auxquels il devrait se conformer pour pouvoir gagner la confiance de ses clients potentiels et être crédible à leurs yeux! 

Or, à l’intérieur même d’un groupe homogène, de même culture, d’éducation similaire, les critères de crédibilité varieront d’un individu à l’autre. Il est donc primordial de décoder et de connaître les critères des gens auprès de qui nous souhaitons être crédibles avant toute autre chose. 

Récemment, avec un groupe d’extraordinaires collaborateurs, nous avons mis en commun nos expertises respectives sur la gestion de la crédibilité en 2015 et un constat fort intéressant s’en est dégagé autour de trois axes incontournables. 

Pour être crédible, il faut se soucier de gérer sa crédibilité en personne, bien évidemment. Il faut donc apprendre à s’adapter à ses interlocuteurs dans les limites de son propre confort. Il n’est pas ici question de faire des choses contraires à ses valeurs, mais de s’ajuster, pour gagner en crédibilité. Votre interlocuteur valorise les diplômes, on parlera subtilement de ses expériences académiques. Il valorise la ponctualité, on se fera un devoir d’être à l’heure à un rendez‑vous avec lui. Il valorise la rigueur, on lui démontrera tous les efforts faits pour répondre à sa demande. 

Soigner sa crédibilité uniquement en personne n’est plus suffisant en 2015! Il faut également soigner sa e-réputation ou sa crédibilité virtuelle, parce que les gens avec qui nous interagissons iront consulter nos différents profils Facebook, LinkedIn, Viadeo ou autres. Selon nos clients cibles potentiels, il faudra alors choisir le médium approprié. Une jeune chef cuisinière montante aurait tout intérêt à avoir un compte Instagram et à éblouir son réseau de photos de ses créations culinaires, alors qu’un politicien aurait tout intérêt à éviter de s’associer à certains groupes ou à émettre des commentaires déplacés sur son profil Facebook. 

Enfin, nous avons collectivement fait le constat de l’importance du langage non verbal et de son impact sur notre crédibilité. Une poignée de main ferme lors d’une première rencontre, le respect du code vestimentaire d’un milieu de travail, le contact visuel, pour ne nommer que quelques éléments de réflexion, peuvent, à tort ou à raison, avoir un impact sur notre crédibilité aux yeux de notre interlocuteur. Ne pas saisir l’importance de ces codes ou même, délibérément ne pas en tenir compte, dans certains cas, risque de faire ombrage à notre crédibilité. Du même coup, il est important de faire attention aux nombreuses fausses croyances à l’égard du langage non verbal. Un interlocuteur qui ne vous regarde pas dans les yeux lorsqu’il vous parle ne signifie pas nécessairement qu’il ment, tel que le veut la croyance populaire. Plusieurs raisons peuvent mener à un tel comportement : la timidité, l’embarras, le respect de l’autorité selon certains codes culturels, etc. Ceci étant dit, il faut savoir que si mon interlocuteur est sensible à cette croyance populaire, il se peut qu’il interprète le fait que j’ai un regard fuyant d’une manière non souhaitée et que je perde une certaine crédibilité à ses yeux, si nous n’avons pas de contact visuel… d’où l’intérêt à porter également une attention particulière à ces nombreux codes sociaux. 

Pour pousser plus loin votre réflexion sur la gestion de votre crédibilité, je vous suggère de vous intéresser à une nouvelle formation interactive en ligne qui vous permettra d’approfondir votre compréhension de ces différents concepts à l’aide d’exemples concrets, d’exercices pratiques et d’outils,  et de vous bâtir un plan d’action personnalisé pour gérer votre crédibilité comme il se doit en 2015. Bonne réflexion! 

http://www.portailrh.org/DP/FichePSIM-credibilite-LANCEMENT.aspx?f=106620   

Un peu de lecture? 

DESHARNAIS, René, (2010), Tout est une question de crédibilité, un mode d’emploi pour tous, Les Éditeurs Réunis, 179 pages. 

DUGUAY, Roger T. (2015), Démarquez-vous, comment maximiser votre impact, Les éditions La Presse, 247 pages.

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