Et si vous deviez recruter « ze » Père Noël?

Par Chantal Dauray

Petite étude de cas fantaisiste : imaginez que vous êtes propriétaire d’un centre commercial et que vous deviez recruter le meilleur Père Noël en ville. Oups, éloignez les enfants de l’écran, sous peine de désillusion. Disons plutôt que vous souhaitez embaucher quelqu’un qui a l’ADN du Père Noël tatoué sur le ventre. Cette personne spéciale que tous les centres commerciaux s’arrachent quand décembre revient (trop souvent avant, mais c’est un autre débat!*) Comment recruter le meilleur Père Noël, l’accueillir et le garder? Petite allégorie de circonstance.

 

Recrutement

Est-ce que l’habit fait le moine?

Spontanément, les attributs du Parfait Père Noël émergent : le candidat idéal serait un joyeux rougeaud rondouillard, doté d’une barbe blanche bien fournie, sans casier judiciaire. Si ce « casting » rime avec crédibilité, on sera d’accord, les qualités relationnelles comptent bien davantage en présence d’enfants. Ainsi, on peut se « déguiser » en Père Noël, mais on ne peut faire semblant d’avoir un grand cœur, du jugement, de la patience et une capacité d’écoute à l’avenant.

 

Voilà pourquoi on devrait saupoudrer un peu de magie dans l’offre d’emploi. On miserait d’abord sur la « grande mission d’un Père Noël » : faire rêver, réconforter, remplir de joie un petit cœur d’enfant. On lui parlerait de la féérie de Noël, de son équipe de lutins dévoués, etc. Car ce qu’on veut, c’est attirer l’attention de gens déjà engagés qui veulent faire une différence dans la société. Et qu’on aura moins besoin de « motiver ».

 

Ensuite, on décrirait les attributs recherchés et les caractéristiques de l’emploi, par exemple :

· Modèle confortable, mais souple (doit pouvoir passer par la cheminée lors d’éventuelles visites à domicile payées temps double).

· Doit aimer les enfants… les biscuits et le lait. Intolérant au lactose ou allergique au gluten, prévoir vos comprimés en tout temps.

· Non allergique aux animaux (plusieurs rennes sous votre responsabilité).

· Sait faire Hohoho en plusieurs langues.

· Un rire jovial reconnaissable entre mille (mais vous n’êtes ni membre du Mouvement des jovialistes ou de Santarchy).

· Capable d’improviser en cas de questions déroutantes de notre jeune clientèle.

· Costume et petites lunettes rondes fournies.

crédit: depositphotos.com

Quel impact sur notre processus de recrutement?

Inspirée par cette allégorie, je vous propose quelques éléments à considérer pour recruter la personne « à qui le chapeau fait » :

· Rédiger une offre d’emploi évocatrice : on expose les défis inhérents au poste et le parcours quotidien et on raconte ce qui donnera envie au futur membre de notre équipe de se lever le matin.

· Adapter notre entrevue de sélection : permet-elle de mesurer les « bons critères », ceux qui ont une réelle valeur ajoutée? Voyons-nous au-delà du « casting »? Cette personne partage-t-elle nos valeurs? S’intégrera-t-elle à « nos » lutins?

 

Accueil et intégration 

Revenons à notre jovial Père Noël. Il fera équipe avec les lutins, les rennes et la « Mère Noël ». Si on l’emploie aussi pour des visites à domicile, il sera accueilli avec un classique rituel, celui du verre de lait et les biscuits. Notre Père Noël pourrait partager, au fil de sa tournée, des « selfies » sur Instagram et donner la recette des différents biscuits dégustés.

 

Ainsi, lorsqu’on embauche un nouvel employé, quel est notre rite d’accueil? Comment notre « tribu » lui souhaite-t-elle la bienvenue? Présente-t-on le nouveau membre de l’équipe dans notre Intranet, journal interne ou nos réseaux sociaux?

 

Communication, mobilisation et fidélisation

Pour en finir avec cette métaphore de saison, quoi faire pour que « notre » Père Noël soit de retour l’an prochain? S’inspirer des pratiques d’autres entreprises saisonnières, comme Ski Saint-Bruno ou le Zoo de Granby, dont les taux de rétention de 70 % ont été reconnus par des prix en ressources humaines.

 

Par exemple, implanter une philosophie de gestion axée sur la collaboration, des rituels chouettes, des communications claires, des cliniques d’embauche nouveau genre, un accueil/intégration novateur, de la formation et de la reconnaissance en masse, une opération « petite séduction » auprès des retraités, etc.

 

On pourrait aussi garder contact toute l’année avec notre Père Noël par une page Facebook ou une infolettre remplie de conseils : comment faire parler un enfant taciturne, savoir accueillir des confidences, connaître les réalités des nouvelles familles, découvrir les nouveaux jouets technos, sans oublier comment prendre du poids pour avoir une belle bedaine bien ronde ;-).

 

Pour 2017, je vous souhaite des employés emballés! Et si vous décidez d’endosser vous-même les atours du Père Noël, cap sur Opération Père Noël. Vous ferez des heureux, promis!

 

 

*Si, tout comme moi, vous trouvez que Noël arrive trop tôt dans les centres commerciaux, je vous invite à lire (et signer) ma pétition Noël trop tôt ici.