Un humain, c’est génial!

Par Mario Côté

Depuis deux ans, au Québec, plusieurs entreprises s’intéressent de près à la révision du processus d’évaluation/gestion de la performance en milieu de travail. C’est une bonne chose. Ce processus était dû pour un sérieux coup de balai dans bien des organisations!

 

Après un retour aux sources sur le pourquoi d’une telle démarche organisationnelle, en plongeant dans différents ouvrages de référence et articles d’ici et d’ailleurs, en participant à des conférences et des activités de réflexion avec d’autres DRH, en accompagnant des équipes de gestion dans la révision de leur propre processus, un constat très simple émerge de toutes ces réflexions sur le sujet : un humain… c’est génial.

 

On s’est attardé au cours des dernières années à élaborer des processus complexes, des grilles d’évaluation longuement réfléchies, des formules de bonification de la rémunération visant à « mobiliser » les troupes, ou encore, tout récemment, à déployer les toutes dernières tendances technologiques : des systèmes « en nuage » de rétroaction en continu à 360 o; de ludification ou d’évaluation de l’atteinte en continu d’objectifs organisationnels!

 

Divertissant n’est-ce pas! Une question se pose cependant… est-ce vraiment utile tout ça?

 

crédit: depositphotos.com

La très grande majorité des gens croisés en milieu de travail sont des gens foncièrement motivés à bien travailler. Ont-ils besoin d’un « examen annuel » pour comprendre les attentes à leur égard et être mobilisés?

 

Lorsqu’un navire se met subitement à prendre l’eau et que tous les matelots se coordonnent et s’activent pour le maintenir à flot, est-ce le bon moment pour prendre une pause et offrir une rencontre d’évaluation à chaque collaborateur?

 

Lorsque les rameurs d’une équipe olympique donnent leur 110 % pour dépasser une équipe rivale et obtenir LA médaille… est-ce le bon moment de demander à chacun des membres d’aller voir le coach pour une rencontre d’appréciation?

 

Vous connaissez la réponse à ces questions… et pourtant, on continue d’agir ainsi dans bien des organisations!

 

Il faut reconnaître qu’il y a tout de même un petit pourcentage d’individus en entreprise qui nécessite une attention particulière au niveau de la gestion de la performance : 10 à 15 % des troupes, tout au plus et dans le pire des cas! Ils ne devraient pas être gérés par l’entremise du processus de gestion de la performance de toute façon! C’est donc dire que 85 à 90 % des employés ne sont pas en difficulté au travail et contribuent positivement à l’atteinte des résultats de l’entreprise.

 

Si on partait du principe qu’un humain; c’est génial?

« Le leadership ne représente que 15 % du succès d’une organisation, 85 % du succès repose sur le travail des personnes », W. Bennis, universitaire et auteur américain expert en leadership.

 

Considérons donc ces personnes comme il se doit!

Les nouvelles tendances vont vers des rencontres en personne plus fréquentes entre gestionnaires et collaborateurs où le gestionnaire, bien outillé, échange avec les membres de son équipe pour les écouter, les soutenir, les encourager, partager la vision de l’entreprise, les aider, leur permettre de s’améliorer et de s’épanouir, leur permettre de vaincre les obstacles et de performer… et, vous savez quoi, quand cela est bien fait, les humains au travail donnent alors le meilleur d’eux-mêmes! N’est-ce pas génial?