Mieux comprendre les différents types de motivation au travail

Par Jacques Forest, Ph.D., CRHA, Laurence Crevier-Braud, B.Sc., Marylène Gagné, Ph.D.

La motivation est un concept central en gestion des ressources humaines puisqu’elle fait référence aux efforts et énergies investis au travail. Ces énergies servent à déclencher et réguler les comportements au travail et vont, par conséquent, déterminer la direction, la durée et l’intensité des comportements en emploi. Tout le monde désire avoir des employés motivés : les gestionnaires RH, les patrons, les superviseurs, etc. Mais encore faut-il savoir par quoi les individus sont motivés. Il faut savoir que la motivation n’est pas un concept à une seule dimension qui varie uniquement en intensité, mais bien un concept qui varie à la fois en intensité et en qualité. En d’autres mots, la motivation peut prendre différentes formes, et ces différentes formes de motivation peuvent être plus ou moins présentes chez les travailleurs. Ce sera ensuite la présence relative des différents types de motivation chez le travailleur qui l’amènera à vivre des conséquences psychologiques, physiques, comportementales et économiques différentes.

Un cadre utile et particulièrement efficace pour comprendre et stimuler la motivation au travail est la théorie de l’autodétermination (ou TAD), principalement développée par deux chercheurs américains, Edward Deci et Richard Ryan de la University of Rochester. Par rapport à d’autres théories connues, la TAD a le mérite d’identifier sur un continuum tous les types de motivation et leurs différentes conséquences de montrer et d’expliquer quel est le « carburant » de la bonne motivation et de voir les sources possibles de ce carburant en milieu de travail.  

Le but de cet article est donc d’expliquer et de faire connaître la TAD comme cadre d’analyse de la motivation au travail.

Le continuum d’autodétermination : pour comprendre les types de motivation au travail

L’avantage de la TAD par rapport à d’autres théories pour expliquer la motivation est qu’elle identifie et définit tous les types de motivation possibles sur un continuum. Plus spécifiquement, la TAD identifie généralement quatre types de motivation, eux-mêmes classés en deux grandes catégories, qui peuvent être présents à différents degrés chez un individu, et qui, en retour, mènent à différentes conséquences. Mais avant de parler des conséquences possibles de ces types de motivation, la Figure 1 s’attarde à les définir et à en donner des exemples.

Ce continuum va de la forme de motivation la plus autodéterminée (motivation intrinsèque ou motivation « plaisir ») à la forme la moins autodéterminée (motivation extrinsèque ou motivation « récompenses ») et l’absence ou le manque de motivation (l’amotivation).

Un fait important à constater est que des conséquences positives sont généralement associées aux deux types de motivation autonome (intrinsèque et identifiée), que des conséquences moins positives ou encore négatives  sont reliées aux formes de motivation contrôlée (extrinsèque et introjectée) et que des conséquences généralement négatives sont liées à l’absence de motivation (amotivation).

Bien qu’il soit évident que la grande majorité des gens a besoin de travailler pour gagner de l’argent (motivation extrinsèque), une découverte importante des recherches sur la TAD est toutefois de montrer qu’une importance trop grande mise sur ce type de motivation, au détriment des autres, mène à des conséquences moins favorables; en d’autres mots, l’argent ne fait pas nécessairement le bonheur.

Le mois prochain, nous vous proposons de regarder ensemble les conséquences des différents types de motivation et vous constaterez que la TAD a définitivement un avantage sur d'autres théories. Au plaisir de vous retrouver!

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