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Le courage de quitter

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Timothy Lê 1 avril 2025

Dans un monde professionnel en constante évolution, la décision de quitter son entreprise s’apparente à ce que Joseph Campbell appelait « le voyage du héros » - un appel à l’aventure qui nous pousse à sortir de notre zone de confort pour explorer de nouveaux horizons. Cette décision, souvent difficile, est pourtant parfois nécessaire pour continuer à grandir professionnellement et personnellement.

Les 12 signes qui appellent au voyage
1. Votre salaire ne progresse pas assez vite

Vous avez considérablement développé vos compétences, mené à bien des projets ambitieux, et pourtant votre rémunération reste figée. Ce décalage entre votre valeur réelle et votre rémunération crée un sentiment légitime de frustration. Comme évoqué dans l’article « Qu’attendons-nous du travail? », une rémunération juste constitue la base de la pyramide.

2. L’ennui s’installe

Les journées se ressemblent, les défis n’en sont plus, et vous effectuez votre travail en pilote automatique. Cet ennui chronique est un signal fort que votre potentiel n’est pas pleinement exploité.

3. Le surmenage vous guette

À l’opposé de l’ennui, votre quotidien vous épuise. Qu’il soit provoqué par une organisation défaillante ou par un management inadapté, il met en péril votre équilibre de vie et votre santé, physique et mentale.

4. Vos compétences stagnent

Lorsque l’apprentissage s’arrête, la motivation s’érode progressivement. Se développer et grandir est un besoin essentiel dans son rapport au travail.

5. Les relations au bureau sont dégradées

Le courant ne passe plus avec votre manager (gestionnaire) ou, plus préoccupant encore, avec vos collègues. Ces tensions relationnelles empoisonnent votre quotidien et sapent votre énergie. Résultat : vous êtes davantage en télétravail, ce qui n’arrange rien.

6. Il y a une incompatibilité avec votre manager (gestionnaire)

Votre manager (gestionnaire) pratique une microgestion constante qui étouffe votre autonomie, ou au contraire, vous laisse dans un flou total sans cadre ni direction. Cette incompatibilité fondamentale devient de plus en plus difficile à supporter.

7. La communication est rompue

Si vous êtes manager (gestionnaire), vous constatez que vos messages ne passent plus auprès de vos équipes. D’expérience, les problèmes dits « de communication » sont davantage une conséquence qu’une cause. Si votre crédit auprès des équipes est épuisé et que chacune de vos décisions est désormais contestée, il est peut-être temps de changer.

8. Un rythme qui ne vous convient plus

Les exigences de disponibilité, de réactivité ou de mobilité ne correspondent plus à vos priorités actuelles. Ce décalage entre le rythme imposé et celui qui vous conviendrait génère une tension permanente.

9. Un plafond de verre infranchissable

Vos ambitions se heurtent à des obstacles invisibles, mais bien réels : âge, genre, maîtrise d’une langue étrangère dans un contexte international... Ces barrières limitent votre progression et vous maintiennent dans une position en deçà de vos capacités.

10. Votre quête d’utilité sociale

La période postconfinement a provoqué chez plusieurs personnes une prise de conscience sur l’impact social de leur travail. Si vous ne percevez plus clairement votre contribution à la société, ce désalignement peut faire grandir une énergie de changement en vous.

11. Une transformation d’entreprise qui vous éloigne

Votre entreprise évolue, se transforme, mais dans une direction qui ne vous correspond plus. Le nouveau contrat implicite entre votre employeur et vous vous semble désormais inadapté à vos attentes.

12. Un désalignement de valeurs

Parfois, ce n’est pas l’entreprise qui change, c’est vous. Vos valeurs ont évolué et ne sont plus en cohérence avec celles de votre organisation. Ce désalignement crée un inconfort quotidien de plus en plus difficile à ignorer.

Avant de partir, une initiation à achever
Attention à l’illusion de l’herbe plus verte

Si vous avez changé plusieurs fois d’entreprise en rencontrant systématiquement les mêmes problèmes, interrogez-vous : est-ce réellement l’environnement qui est en cause, ou votre approche du travail? Avant de poursuivre votre voyage, réfléchissez à vos « patterns » professionnels, à ces situations qui reviennent sans cesse sans l’avoir demandé. Profitez de cette expérience pour apprendre à les surpasser et à ne plus blâmer les autres pour vos échecs. Faites de votre mieux.

Ne pas partir trop tard

Lorsque la courbe de satisfaction et d’engagement amorce une pente descendante, prenez-en conscience rapidement. Le retournement de situation est-il vraiment possible? Quand votre corps et votre esprit vous envoient des signaux d’alerte, apprenez à les écouter avant l’épuisement.

Quand partir? À la fin d’un cycle

Posez-vous régulièrement la question, idéalement tous les trois ans environ : « Est-ce que je resigne pour un nouveau contrat moral avec mon entreprise ou est-ce le moment de changer? ». La durée du cycle peut varier selon votre personnalité ou vos aspirations.

Comment partir? En préservant l’avenir

Partez « proprement » en planifiant votre succession, en transmettant vos connaissances et en maintenant de bonnes relations. Préservez votre réputation professionnelle : le monde est petit, et tout le monde est régulièrement amené à recroiser d’anciens collègues dans son parcours. Évitez de parler sous le coup de l’émotion ou de relâcher la pression comme une cocotte-minute lors de votre pot de départ…

Demandez conseil à votre mentor

Rappelez votre mentor de début de carrière, il ou elle sera de bon conseil. Plus le conseil vous remue, plus vous devez écouter.

Où partir? À la recherche de votre « sweet spot »

Cherchez l’équilibre optimal entre quatre dimensions : une rémunération satisfaisante, un travail intéressant, des perspectives de progression et un environnement humain stimulant. Ce « sweet spot » est davantage une boussole, un cap qui vous fera naviguer vers de nouvelles terres.

Et si c’était simplement un besoin de changement?

Parfois, aucune raison précise ne s’impose, mais le besoin de renouveau se fait sentir. Sans tomber dans l’instabilité chronique, permettez-vous d’explorer de nouvelles façons de faire, de nouvelles cultures d’entreprise. Ne laissez pas les habitudes s’enraciner trop profondément au point de vous empêcher d’évoluer.

Conclusion : la transformation du héros

Quitter son entreprise s’apparente à ce voyage initiatique où le héros, après avoir surmonté des épreuves, revient transformé, enrichi de nouvelles compétences et perspectives. Parfois, ce voyage vous ramène à vos premiers amours professionnels, mais avec un regard neuf et des pouvoirs accrus.

Quitter n’est pas échouer. C’est parfois la décision la plus courageuse pour continuer à grandir, à apprendre et à vous réaliser pleinement. Car après tout, comme le disait Sénèque, « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »

Et vous, où en êtes-vous dans votre propre voyage du héros?

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