Au-delà du choc : un exemple de réorientation de carrière

Par Nathalie Carrier

« Après 24 ans au sein d’une entreprise familiale, j’ai frappé un mur… »

 

Je commençais tout juste à accompagner Jasmin Bessette, un homme à l’aube de la quarantaine, dans une démarche de gestion de carrière. À notre première rencontre, il m’a expliqué que, au fil du temps, il a gravi les échelons de Fraco jusqu’à devenir directeur des finances. Toutefois, il n’était plus la bonne personne pour aider cette entreprise à grandir. Et il se sentait stagner. Il était à la croisée des chemins.

 

Un an après ce constat, il quitte Fraco la tête haute pour aller travailler comme directeur des finances chez CVT Corp. Ses anciens collègues ne sont pas choqués, au contraire : ils sont très contents pour lui. Il part « par la grande porte ».

 

Que s’est-il passé entre ce constat difficile à accepter et son nouveau départ dans une autre organisation? Pour faire suite à mon premier article, j’ai le goût de vous parler d’un cas concret de réorientation de carrière : celui de Jasmin Bessette.

 

Un plan de match à suivre

Au début de la démarche, la directrice des ressources humaines chez Fraco (Hélène Gaulin) m’a fait rencontrer Jasmin, qui s’est présenté dans mon bureau avec des questionnements, des rêves, des idées et des projets plein la tête. Nous avons commencé par prendre le temps d’analyser son besoin et d’effectuer une évaluation de son potentiel. Le processus s’est déroulé en toute transparence avec Hélène Gaulin et Emmanuelle Rainville, la présidente de l’entreprise. Nos échanges nous ont amenés à réaliser qu’il serait bénéfique pour la carrière de Jasmin de quitter Fraco et de trouver un nouveau défi à relever dans une autre entreprise.

 

Mais ce n’est pas simple de renoncer à un milieu où l’on a été heureux et où l’on a évolué pendant tant d’années. Je me rappelle bien l’un de ses commentaires : « Nathalie, comment puis-je quitter une entreprise où j’ai grandi et où je descends encore l’escalier central en glissant sur la rampe comme quand j’étais ado? » Ce n’est pas seulement un emploi qu’il pensait quitter, mais un milieu de vie avec des relations établies depuis plusieurs années. C’est comme se séparer de son premier amour qui dure depuis 20 ans : la passion n’y est plus, mais le deuil est tout de même difficile.

crédits: depositphotos.com

Nous avons alors commencé nos rencontres d’accompagnement en gestion de carrière. Nous avons réfléchi ensemble en nous basant sur son profil de compétences. Nous sommes d'abord partis du plus large pour aller ensuite au plus spécifique : Jasmin a magasiné les formations, les entreprises, les types de postes… Il a eu plusieurs rencontres en entrevue, avec des hauts et des bas au fil des bonnes et des mauvaises nouvelles. Il a alors peaufiné ses recherches et aussi son offre.

 

Il me voyait vraiment comme une « coach d’entraînement qui te pousse à continuer sur le plan de match établi ». Je l’encourageais, le guidais, lui faisais des rappels amicaux, l’écoutais, lui reflétais ses bons coups… Bref, je l’accompagnais dans toutes ces étapes de ce processus en dents de scie. Ses collègues chez Fraco l’appuyaient dans ses démarches – il a même effectué des pratiques d’entrevue avec la directrice des RH. De son côté, Jasmin continuait de rendre de valeureux services à l’entreprise qu’il connaissait si bien.

 

Puis, un temps d’arrêt s’est imposé : il y avait du mouvement chez Fraco, et de nouvelles tâches se sont greffées au quotidien de Jasmin. Il a alors décidé de rester un peu plus longtemps au sein de l’entreprise.

 

Quelque temps plus tard, j’ai reçu un courriel de sa part me remerciant chaleureusement pour mon aide dans le processus et m’annonçant qu’il avait trouvé un poste de directeur des finances, avec un gros volet TI. Exactement ce qu’il cherchait… même s’il avait arrêté ses recherches!

 

Ce nouveau poste chez CVT Corp – une opportunité offerte par le président, Daniel Girard – constitue une nouvelle aventure pour Jasmin, qui savoure encore sa lune de miel au sein de sa nouvelle organisation.

 

Bref, pour Jasmin, tout est bien qui finit bien. Ou plutôt, tout est bien qui commence bien.

À proposMentions Légales